La noue de toiture est une zone technique délicate où deux pans de toit se rejoignent en creux, formant un angle rentrant qui collecte un volume important d’eaux pluviales. Son schéma technique détaille la position exacte des matériaux d’étanchéité, la découpe des tuiles ou ardoises, les recouvrements et les points d’ancrage. Concevoir ce schéma avec rigueur, c’est prévenir les infiltrations, les désordres structurels et garantir la longévité de la couverture. Vous allez découvrir comment interpréter ce schéma, quels paramètres intégrer selon les règles DTU, comment choisir les matériaux adaptés et quelles erreurs éviter pour une noue durable et performante.
Comprendre la noue de toiture et son schéma technique

Une noue concentre les eaux de deux versants sur une ligne étroite, créant une zone sous forte contrainte hydraulique. Le schéma technique sert de référence pour positionner chaque élément : support bois, écran de sous-toiture, noue métallique, tuiles ou ardoises découpées. Il permet au couvreur de visualiser les superpositions et au maître d’ouvrage de vérifier la conformité avant réception des travaux.
Rôle de la noue dans l’évacuation des eaux et la protection du toit
La noue canalise les eaux de pluie vers les descentes d’évacuation, avec un débit bien supérieur à celui d’un versant classique. Mal dimensionnée, elle provoque des débordements qui s’infiltrent sous la couverture ou saturent la charpente. Le schéma technique doit donc prévoir une largeur suffisante, un développé adapté et une pente continue sans contre-pente. En zone de montagne ou de forte pluviométrie, ces exigences sont encore renforcées pour limiter tout risque d’engorgement.
Comment lire un schéma technique de noue de toiture pas à pas
Un schéma de noue se lit généralement en trois niveaux. Le premier montre la charpente, les chevrons et les éventuelles pièces de renfort comme des limons ou arêtiers. Le deuxième niveau représente l’écran de sous-toiture avec ses relevés et ses recouvrements longitudinaux. Enfin, le troisième niveau détaille la noue métallique, sa largeur développée, ses longs pans et les zones de coupe des tuiles qui l’encadrent. Chaque élément est coté en millimètres, avec mention des pentes en degrés ou en pourcentage.
Les principaux types de noues (ouverte, fermée, encaissée) et leurs usages
La noue ouverte laisse apparaître le métal sur plusieurs dizaines de centimètres, offrant une évacuation rapide mais un rendu visuel marqué. La noue fermée dissimule le métal sous des tuiles ou ardoises découpées en biseau, créant un effet plus discret mais nécessitant une mise en œuvre minutieuse. La noue encaissée, fréquente en rénovation, s’insère entre deux murs ou deux souches de cheminée, concentrant les eaux sur une zone très réduite. Le schéma technique indique le type retenu et adapte les détails de pose en conséquence.
Concevoir un schéma de noue de toiture conforme aux règles techniques
Avant toute commande de matériaux, le schéma technique doit répondre aux exigences des Documents Techniques Unifiés et aux spécificités de la toiture. Il anticipe les contraintes mécaniques, thermiques et hydrauliques pour éviter les reprises coûteuses une fois le chantier lancé.
Quelles sont les règles DTU à respecter pour une noue de toiture fiable ?
Le DTU 40.11 pour les couvertures en ardoise, le DTU 40.23 pour les tuiles en terre cuite et le DTU 40.41 pour les couvertures métalliques imposent des pentes minimales et des largeurs de noue variables selon la zone climatique. Par exemple, une noue en tuile canal exige une pente d’au moins 25 % et une largeur développée de 400 mm minimum. Le schéma technique doit mentionner ces valeurs pour garantir la conformité et l’assurabilité de l’ouvrage.
Paramètres essentiels à intégrer dans un schéma technique de noue détaillé
Un schéma complet indique la longueur totale de la noue, mesurée en rampant, ainsi que l’intensité de pluie de référence selon la carte pluviométrique nationale. Il précise la largeur développée de la bande métallique, généralement comprise entre 400 et 600 mm, et les longueurs de recouvrement entre deux éléments successifs, jamais inférieures à 150 mm. Les coupes de tuiles ou ardoises sont cotées avec précision, en tenant compte du pureau et du galbe éventuel du matériau de couverture.
Comment adapter le schéma de noue aux spécificités de chaque toiture
Une toiture en ardoise plate impose des coupes géométriques nettes, tandis qu’une toiture en tuile romane tolère des ajustements grâce à la souplesse du matériau. Une charpente traditionnelle avec chevrons apparents nécessite un liteau supplémentaire de part et d’autre de la noue, alors qu’une charpente industrielle peut intégrer un support continu. Le schéma doit également tenir compte des lucarnes, chiens-assis ou fenêtres de toit en aval, qui génèrent des points singuliers à raccorder avec soin.
Détails de mise en œuvre : matériaux, coupe des tuiles et étanchéité

Le passage du plan au chantier demande une traduction précise du schéma en gestes techniques. Chaque matériau, chaque découpe et chaque raccord contribue à l’étanchéité finale de la noue.
Choisir le bon matériau de noue : zinc, acier, aluminium ou plomb
Le zinc naturel ou prépatiné reste le matériau de référence en France, grâce à sa durabilité de 50 à 80 ans et sa facilité de pliage. L’acier laqué coûte moins cher mais nécessite une protection renforcée contre la corrosion, surtout en bord de mer. L’aluminium convient aux toitures à faible pente et aux zones exposées au sel, tandis que le plomb s’utilise principalement en restauration de monuments historiques. Le schéma technique précise l’épaisseur minimum selon le matériau : 0,65 mm pour le zinc, 0,75 mm pour l’acier, 0,8 mm pour l’aluminium.
| Matériau | Épaisseur minimale | Durabilité moyenne | Usage recommandé |
|---|---|---|---|
| Zinc | 0,65 mm | 50 à 80 ans | Toutes toitures |
| Acier laqué | 0,75 mm | 30 à 50 ans | Budget serré, zone non saline |
| Aluminium | 0,8 mm | 40 à 60 ans | Bord de mer, faible pente |
| Plomb | 2 mm | 100 ans et plus | Restauration patrimoine |
Organisation des coupes de tuiles et ardoises le long de la noue
Les tuiles ou ardoises bordant la noue sont coupées en biseau, avec un angle qui suit la ligne de la noue et un écart de 30 à 50 mm par rapport au fond de celle-ci. Le schéma technique indique l’angle de coupe, le décalage entre les rangs et l’emplacement des fixations, généralement des crochets inox ou des clous torsadés. Une mauvaise coupe crée des vides où l’eau s’accumule et remonte par capillarité sous la couverture.
Traitement de l’étanchéité sous noue et compatibilité avec l’écran de sous-toiture
Sous la noue métallique, l’écran de sous-toiture doit être relevé sur au moins 150 mm de chaque côté, puis recouvert par les lés adjacents. Certains écrans HPV (haute perméabilité à la vapeur) tolèrent un contact direct avec le métal, d’autres exigent une lame d’air ventilée. Le schéma technique précise ces détails et mentionne l’usage éventuel de bandes adhésives autocollantes sur les relevés, pour renforcer l’étanchéité en cas de débordement exceptionnel.
Erreurs fréquentes sur les noues de toiture et bonnes pratiques de contrôle
La noue est un point singulier souvent à l’origine de pathologies durables. Identifier les erreurs classiques permet de les anticiper dès la conception du schéma, puis de les détecter lors des visites de chantier.
Pourquoi les noues sont souvent à l’origine d’infiltrations et de sinistres ?
Une noue concentre les eaux de deux versants, multipliant par deux à trois le débit local par rapport à un versant isolé. Une largeur insuffisante, une pente trop faible ou un recouvrement mal positionné créent des zones de stagnation où l’eau remonte sous les tuiles par effet de vent ou de capillarité. Les assurances dommages-ouvrage relèvent régulièrement des sinistres localisés sur les noues, avec des coûts de réparation élevés car ils nécessitent souvent un démontage partiel de la couverture.
Points de vigilance à contrôler sur une noue terminée, même sans schéma
Depuis le sol ou à l’aide de jumelles, vérifiez la régularité de la ligne de noue, sans ondulation ni déformation du métal. La largeur visible doit rester constante sur toute la longueur, signe que les coupes de tuiles sont homogènes. Après une pluie intense, inspectez les combles sous la noue : toute trace d’humidité, auréole ou goutte indique une faiblesse d’étanchéité. Contrôlez également l’absence de débris végétaux ou de mousse, qui peuvent ralentir l’écoulement et provoquer un débordement.
Comment améliorer un schéma de noue existant lors d’une rénovation de toiture ?
En rénovation, le couvreur peut corriger un schéma initial défaillant en augmentant la largeur de noue de 400 à 500 mm, voire 600 mm en zone de forte pluviométrie. Il peut aussi modifier l’angle de coupe des tuiles pour réduire les risques de remontée d’eau ou ajouter un relevé d’étanchéité adhésif sous le métal. Ces améliorations doivent être consignées sur un schéma de récolement, document précieux pour les interventions futures ou les diagnostics techniques en cas de vente du bien immobilier.
Le schéma technique de noue de toiture constitue la clé de voûte d’une couverture durable et étanche. Il traduit en dessins cotés les règles de l’art définies par les DTU, anticipe les flux d’eau et les contraintes mécaniques, et guide le couvreur dans la découpe et la pose des matériaux. En intégrant dès la conception les bonnes dimensions, les bons recouvrements et les bons matériaux, vous limitez drastiquement les risques d’infiltration et de sinistre. N’oubliez pas qu’une noue bien pensée sur plan facilite le travail sur chantier, réduit les coûts de main-d’œuvre et garantit la pérennité de votre toiture sur plusieurs décennies.
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